BOSNIE-HERZÉGOVINE

En Bref

Lancé en 2010

 

Axé sur la publication de déclarations conjointes par les responsables religieux et sur la compilation de données

 

Contribue à instaurer la confiance et à une meilleure sensibilisation

Bien que la guerre civile en ex-Yougoslavie ait pris fin dans les années 1990, la Bosnie-Herzégovine est toujours divisée sur le plan ethnique et religieux entre Serbes orthodoxes, Bosniaques musulmans et Croates catholiques. Les identités ethniques et religieuses en Bosnie-Herzégovine sont inextricablement liées, il existe généralement, de ce fait, des liens étroits entre intolérance interethnique et tensions interreligieuses. Des attaques contre les minorités religieuses et ethniques et leurs lieux saints continuent à avoir lieu dans l’ensemble de la Bosnie-Herzégovine, chacun des trois groupes étant minoritaire dans une partie du pays. Nos recherches ont montré que les lieux de culte étaient les cibles privilégiées des attaques perpétrées contre les minorités communautaires quelles qu’elles soient. Ces attaques vont du vandalisme aux incendies volontaires, en passant par les cambriolages, le harcèlement, la profanation des lieux de sépulture, les entraves à la reconstruction des sanctuaires détruits et même le meurtre dans certains cas.

 

En novembre 2010, l’Oslo Center for Peace and Human Rights et l’Inter-religious Council (IRC) de Sarajevo ont lancé en Bosnie-Herzégovine le premier projet de terrain basé sur le Code universel. L’objectif général du projet est d’instaurer la confiance et d’améliorer les relations entre les différentes communautés religieuses et ethniques, en mettant l’accent sur la protection des objets religieux et des lieux saints. Le signalement systématique des attaques, enregistrées dans une base de données et soumises à des mécanismes de vérification de l’information ; les visites conjointes de responsables religieux sur les lieux saints ; la condamnation publique et « multi-religieuse » de tout acte de violence, et la participation active d’acteurs tels que la police, les médias et les responsables politiques locaux, constituent les éléments clés du projet.

 

La coopération accrue entre les responsables religieux et la condamnation conjointe des attaques contre les lieux saints comptent parmi les plus grandes réussites du projet. À de nombreuses reprises, les responsables ont visité les lieux des incidents, rencontré les représentants des autorités locales et les responsables religieux locaux et publié des déclarations conjointes auprès des médias et du grand public. Ces condamnations ont non seulement inspiré la tolérance au sein des populations locales mais aussi instauré la confiance entre les représentants des différentes communautés religieuses et conduit à une meilleure prise de conscience de la gravité des « crimes de haine ».

 

Une évaluation indépendante a montré que le projet avait stimulé la communication entre les différentes communautés religieuses et ethniques. Plusieurs indicateurs révèlent également des progrès dans le domaine de la protection des lieux saints et notamment, un plus grand nombre de patrouilles de police sur les sites religieux des minorités et un traitement médiatique plus équilibré des « crimes de haine ».

 

Un exemple de bonne pratique a été fourni par un petit village des environs de Sarajevo, où deux jeunes en état d’ivresse avaient profané une église en y taguant des graffitis et des slogans injurieux. Des représentants religieux locaux ont publié une condamnation conjointe et les autorités municipales ont financé le nettoyage des murs de l’église. Les deux jeunes garçons et l’un de leurs parents se sont rendus sur le lieu de l’attaque pour y présenter publiquement leurs excuses. En signe de paix, le prêtre les a invités à venir partager un verre de rakija puisque c’est en buvant de cette eau-de-vie qu’ils s’étaient enivrés avant d’endommager l’église. Le prêtre les a également invités à revenir et à aider à peindre les barrières de l’église. L’ensemble des personnes concernées – le prêtre et la communauté religieuse, la police, les autorités locales et les coupables eux-mêmes – ont permis la gestion de l’incident dans un esprit de conciliation.

Résultats obtenus en Bosnie-Herzégovine :                                                  

- Responsables religieux et autorités locales soutiennent ouvertement le projet ;

- Des responsables religieux prennent part aux condamnations conjointes des attaques contre des lieux saints ;

- Les patrouilles de police dans les environs des lieux saints vulnérables ont augmenté ;

- Le traitement de ces questions par les médias est plus équilibré.

VOIR : L’IRC facilite la condamnation à plusieurs voix d’une attaque ayant visé une mosquée à Bijeljina en Bosnie-Herzégovine.